Didier's profileQue les anges ...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    February 07

    Nous ne sommes pas ...

    Nous ne sommes pas fait de silence. On ne peut vivre sans expliquer. Expliquer ce que nous sommes, expliquer ce que nous rêvons, ce que nous croyons, ce que nous craignions.

    Si ce n’est pour notre interlocuteur, c’est pour nous-même que nous nous devons d’aller fouiller, ainsi, dans ce que nous sommes au creux de nous.

    Il est tentant de détourner les yeux de ce nous sommes vraiment et de se laisser glisser dans le flot. Il est tentant de se contenter d’être ce qu’il est le plus simple d’être, de ne plus être que ce qu’autrui dit de nous en niant ce que nous savons être.

     

    Je regarde autour de moi et je note combien, par simplicité, beaucoup préfère ne plus être que ce que le monde attend d’eux.

    J’ai opté pour le silence, non pas pour ne plus m’écouter, ne plus me découvrir, mais pour ne plus parler qu’à moi et ne plus perdre de temps à expliquer.

     

    Ce que j’ai vécu ? J’ai perdu …

     

    J’ai perdu une grosse partie de moi, celle qui aimait le combat, qui voulait convaincre et conquérir, qui était persuadé d’avoir raison.

    Comment je l’ai perdu ? L’expliquer relèverait de l’ésotérisme ou de la psychologie de bas étage. Il y eut un jour, une heure, une minute, un instant, où, soudain, tout ce qui en moi avait faim de vie a cessé de s’exprimer, un moment où l’envie de convaincre et de prouver que je n’avais pas tort s’est arrêté.

    Je comprenais ce phénomène, je l’avais prévu et j’avais averti autour de moi : « Un jour, je tomberai, je déposerai les armes, je ne serai plus capable de vous aider. ».

     

    Ce jour là, soudain, le guerrier en moi a lâché ses armes et mon corps a cessé d’accepter de vivre.

    Etonnante formulation n’est ce pas ? Et pourtant, ce fut ainsi.

    Un jour mon corps s’est mis à trembler, mes genoux à ne plus supporter mon poids. Je ne pouvais pas descendre l’escalier vers la rue sans risquer la chute à chaque pas. Je ne pouvais plus rester debout, mes reins portaient deux enclumes.

    J’ai perdu, en une minute, le sommeil, même si ce ne fut jamais pour moi une terre simple d’accès. Là, tout soudain, le sommeil n’était plus. Il ne restait qu’un vague coma dans lequel je tombais.

    J’ai perdu le goût. Dans ce même instant, tout perdit sa saveur. Je ne ressentais plus que très vaguement la texture de la nourriture, la densité de la boisson. Le sucré, le salé, le doux, l’amer, tout n’était plus qu’un magma indéfinissable.

    J’ai perdu, dans un mouvement, la trace de mes plaisirs. Le plaisir de marcher, de regarder, de lire, d’écrire, de respirer, de sourire, de partager, de vivre …

    Même le partage de moments avec mon fils avait perdu sa saveur.

     

    Ai-je cherché l’aide d’un psy ? Oui …

    Plusieurs même …

    Le constat ? « Vous êtes juste épuisé, prenez ces cachets pour dormir et tout ira mieux. »

    J’ai dormi durant des nuits et des jours dans les bras de ce coma.

    Je me suis réveillé chaque jour avec plus de tremblement, plus de souffrance, moins de vie.

    Il ne me manquait qu’une chose …

    Une raison …

    Une raison de vivre …

     

    Ai-je retrouvé cela ? Je ne pense pas. Je reste incomplet et tronqué. Mais j’ai suffisamment de vie en moi pour pouvoir recommencer à rêver.

    Mes rêves ? Simples et naturels …

    Aller et venir sans souffrir dans mon corps.

    Marcher sans raison, juste pour voir la lumière se refléter sur les couleurs.

    Ecouter et entendre les mots d’autrui, non pas pour chercher le combat mais pour découvrir un autre angle de vue sur la vie.

    Je ne souffre plus vraiment. Je pense que seule l’absence d’activité fait mes souffrances d’aujourd’hui. Mon corps a perdu l’habitude.

    Bonne souffrance qui dit le retour à la vie qui ouvre sur une bonne fatigue qui me donne l’envie de dormir et d’aller jusque demain, régénéré et plus fort.

    Mes projets ? Continuer à restaurer mes plaisirs simples, plaisir de respirer, marcher, bricoler, vivre …

    Non, pas de projet lointain, de vaste attente, de pharaonisme.

    Non … Juste le plaisir d’être vivant …

    Le plaisir de regarder un bon reportage à la télévision en repassant.

    Le plaisir de sortir mes outils et de construire une étagère, un meuble, etc.

    Le plaisir de tremper la serpillière dans le seau et de frotter le sol pour en voir disparaître les traces de la vie.

    Je ne peux pas rêver trop fort encore, je suis convalescent, mais je recommence à respirer et, croyez le, c’est terriblement bon.

    June 12

    Là est le mystère ...

    On n’entre pas au pays d’une femme sans en connaître les lois, on ne passe pas ses frontières fragiles sans en caresser les reliefs.

    On ne touche pas le cœur d’une femme sans y déposer un peu de miel, on ne prend pas une femme, on s’offre en cadeau à elle.

    On ne possède pas une femme, on en étudie, sans relâche, la course des secrets, on ne dirige pas une femme, on l’invite à se livrer.

    On ne séduit pas une femme, on la laisse rêver, on ne connaît pas une femme, on la parcourt et, comme un livre ne nous appartient jamais vraiment, elle contient d’éternel secret qui jamais ne se livre.

    On ne parle pas aux femmes, on les écoute entendre, on ne combat pas une femme, on accepte de se rendre.

    On ne cherche pas une femme, on se laisse découvrir, on n’impressionne pas une femme, on la laisse nous grandir.

    On ne regarde pas une femme, on espère son sourire, on fantasme ses soupirs quand son sourire nous prend.

    On ne comprend pas une femme, on découvre qui l’on est, on se perd à mesure qu’elle se dévoile à nous, on se découvre à mesure qu’elle nous attire à elle.

    On n’est pas arrivé tant que l’on a pas compris qu’elles sont un mystère qui porte le nom de « vie ».

    Si, en elles, on est né un jour, c’est encore, en elles, que l’on vit et l’on rêve.

    Si elle vous fait mal, c’est qu’elle a souffert car jamais une femme ne porte le premier coup.

    Si elle pleure dans vos bras, des souffrances provoquées par quelques barbares pathétiques aux dents de carnassiers, vous découvrez, enfin, quel est leur raison d’être en les voyant devenir un havre pour elle.

     

    On n’est pas un homme sans l’accord d’une femme, on ne sait rien de soi que l’on n’ai découvert dans leur regard.

     

    Merci d’avoir fait de moi un « mec bien » …

    November 04

    Pensée du jour ...

    Quand le navire frôle les récifs et que la tempête fait rage, il ne faut pas baisser la tête, mais mettre le nez dans le vent pour humer les changements, percevoir la route à tenir …

     

    Merci à vous tous, vous me faites, réellement, du bien. Vous êtes un voile léger et doux sur ma solitude.

    November 01

    Je ne vous parlerais pas ...

    Non, je ne vous parlerai pas d’elle.

    Elle a un morceau de paradis au fond des yeux et rien que cela suffit à la protéger de tout reproche.

    Je lui souhaite de trouver la paix du cœur, de parvenir à oublier celui qui est parti.

     

    Non, je ne vous parlerai pas de ce qui trotte dans mon cœur. Rassurez-vous, rien de mauvais n’y a trouvé place. Ces dernières heures ont ouvert une fenêtre en moi et ce que j’aperçois, là, qui danse, m’était nécessaire. Peut-être n’ai-je vécu que dans l’attente de ce moment, de cette leçon de vie.

     

    Non, je ne vous parlerai pas de ce que la vie vient de m’enseigner. Ma différence et ses effets, les dangers qui guettent les hommes comme moi, le danger qu’ils représentent, aussi. Je ne veux plus fouiller mon âme et vous livrer ce que la vie a déposé en moi.

     

    Non, je ne vous parlerai pas de ce que je suis. Je ne vais pas ressasser mes souvenirs, les ressortir de la naphtaline et leur donner un air de neuf. Y’en a qui meurt lentement, moi je suis né lentement. A force de louvoyer pour chercher la lumière, j’ai perdu trop de temps.

     

    Non, je ne vous parlerai pas de souffrance, de silence ou de défaite …

    Je vais vous parler du plaisir d’être là, sur cette petite planète, de pouvoir y déposer quelques bienfaits, je vais vous parler de ce pouvoir que nous possédons tous en nous. Nous avons tous un petit morceau du puzzle qui pourrait refaire de la vie un éden. Bien que je ne sois pas catholique, je peux envisager que d’autres avant moi y ont pensé et ont écrit que nous n’étions qu’un, un pauvre Adam bien tranquille et qu’en nous reproduisant nous n’avons fait que disperser le miracle initial.

    Ne pourrait-on envisager que Dieu ne nous ai pas fait à son image mais que nous ayons été Dieu ? Que nous nous soyons dispersé lentement à mesure que nous nous multiplions ?

    Imaginez qu’en fait, cette puissance originelle qui pouvait créer un univers se soit accrue à mesure qu’elle se scindait et qu’aujourd’hui, si nous pouvions, par quelques formules magiques, nous réunir dans un même élan, elle soit capable de plus encore ?

     

    Je sais … Ce ne sont que quelques pensées de bazar teintées de métaphysique … Mais … Imaginez … Que nous ayons, chacun d’entre nous, une parcelle de ce pouvoir capable de faire de le Terre un paradis … Juste entre nous, comme ça …

    October 27

    Ecrire ...

    Merci Claire !
     
    October 25

    L'orange ...

    Il n’est pas nécessaire de manger l’orange avec son écorce.

    Comme l’orange, les souvenirs sont dotés d’une peau aigre et trop acide.

    Si l’on peut peler un souvenir, en soustraire sa gangue, on découvre le jus fluide et sucré des moments simples et aisés, les quartiers sucrés, croquants et fondants gonflés de petites poches d’étincelles sensuelles.

    Au final, comme l’orange, le souvenir contient un essentiel. La vitamine dans l’orange, la connaissance de soi pour le souvenir.

    Certains vous diront qu’il faut se faire violence et manger tout aussi bien l’orange que l’écorce.

    Pour ma part, je m’y refuse.

    Retirer la peau de l’orange fait partie des plaisirs qu’elle me procure et je la laisse sécher, dans un tissu, sur le radiateur. Ainsi, elle embaume l’air de ses senteurs subtiles jusque ne plus être qu’une peau noire et décrépie, reste de ma mue.

    Inspiration ... Expiration ...

    Je me suis, un jour, retrouvé au bord du précipice que le fleuve de la vie creuse au cœur des heures.

    Inconscient, je me suis jeté en avant et la chute me fit peur.

    Mais je découvris, bientôt, qu’un courant se formait et ralentissait ma descente pour mieux me porter vers un horizon envahit de brouillard.

    Depuis, je ne lutte pas contre cet avenir qui m’attire, je sais que de résister ne ferait qu’accentuer la vitesse de la chute, alors je profite des moments que je passe, soucieux d’accroître ma prise sur les vents.

    Ce jour là, je suis sorti du ventre maternel et je sais qu’il n’est pas de chemin de retour.

    October 09

    Qu'est-ce que la vie de couple, pour toi ? Me demanda une amie ...

    "Qu'est la vie de couple"

    Quelle complexité dans cette toute petite question ...

     

    Couple ...

     

    Deux peaux qui se touchent et s'offrent l'une à l'autre au creux de la sueur des sentiments délivrés ...

    Deux voix qui se répondent, un dialogue qui n'en finit pas, la conscience que l'un comme l'autre change et que de vivre à deux c'est  comme de courir les mers, avancer et revenir en arrière, changer de cap, tenir le vent et chercher un havre pour se poser, enfin, arrivés, ensemble, sur la même plage accueillante.

     

    Des confidences et des aveux qui ne se retrouvent pas dans le creuset des haines stupides mais dans la forge des moments paisibles. S'avouer à l'autre et entendre ses aveux, chercher son bonheur et offrir les clés du notre.

     

    Des tâches ménagères qui se doivent de se lover dans le fil de la vie, comme on se doit de respirer pour continuer à rêver. « Partager » n'est pas, pour moi, le mot, « échanger », plutôt ... Ma force au service d'une douceur et d'une paix, que sont ces instants passés en compagnie d'un balai avec une musique entraînante au regard de la douceur reçue par une femme qui sait ce que « féminine » signifie ?

     

    Des coups durs et des fracas qui mettent le coeur à rude épreuve et qui deviennent aléas parce qu'ils sont partagés. Les souvenirs que l'ont bâti sur ces moments là sont les plus puissants ciments d'un couple qui va de l'avant.

     

    Un couple ...

    C'est deux confidents fripons qui cohabitent dans une même maison ... ;-)

    October 01

    Elles ...

    Alors, ce soir, je vais essayer de vous parler d’elles …

    Bien que j'ai vécu mes premières années avec cinq femmes, quatre sœurs et ma mère, elles furent le mystère de ma vie …

    Bien que je fus marié durant quatorze années, puis six mois et quatre ans et demi en couple, ce qui fait, vous le noterez, dix-neuf de mes vingt dernières années, je ne peux toujours pas prétendre les connaître …

    Un ami m’a demandé « Tu n’as pas besoin d’une femme ? », il faut dire qu’il était étonné, j’étais célibataire et ceci sans sembler en souffrir. Oui, mesdames, je vous livre un secret, les hommes ne parviennent pas au bonheur sans vous … Quelque soit ce qu’ils attendent de vous, vous êtes détentrices des clés de leur équilibre …

    Toujours est-il que je fus étonné de m’entendre répondre « Je découvre que j’avais, surtout, besoin de moi. » …

    En rentrant, ce soir, j’ai mis quelques heures à tourner autour de cette réponse …

    Oui, durant ces dix-neuf années, je me suis donné à tout le monde, sauf moi-même … Comme il est aisé de se perdre …

    En me donnant, ne faisais-je pas que confier la lourde charge d’occuper mon esprit, mon corps, mon temps et mon explosive énergie ?

    Là, avec moi, il fallut bien que je trouve le moyen de penser à moi.

    Ecrire, ce fut la première solution qui me vint à l’esprit … Au final, j’ai beaucoup écrit, bien avancé, trouvé le fil, dépeint les personnages, mais, franchement, je me sentais vide … Le temps occupé je découvrais que mon esprit cherchait, maladivement, « pourquoi ? » ...

    Alors, vint le week-end … et, là, je découvrais le fil directeur ... Devant moi, un être d’un humour de plus en plus fin, d’une vitalité rare, avait besoin de mon temps … Florian …

    J’ai passé ma semaine à préparer ce week-end et je suis impatient de le serrer dans mes bras ! Oh oui …

    Mon navire a un passager V.I.P., mon Amour pour elles me l’avait fait oublier un temps … J’espère qu’il saura, un jour me pardonner, car je suis le seul responsable.

     

    September 22

    Attention ! Fragile !

    « Attention, fragile ! » Il est certaines femmes qui portent cette mise en garde au fond des yeux. Comme il est tentant pour un homme de se sentir tel un géant quand ces yeux là se posent sur lui.

    Fragile … Comme une fleur exotique qui ne saurait vivre dans notre pays de pluie et de gel, elles quêtent la protection et la chaleur.

    Mais, messieurs, soyez clairs et honnêtes, il n’est que deux chemins possibles avec ces femmes là.

     

    Le premier … Vous les attirez d’une force simulée, d’une énergie feinte, d’une chaleur éphémère et, ensuite, vous tentez de les garder dans le manque de vous. Vous risquez, alors, sans en douter, de voir la belle se chercher un autre homme qui, elle le croit, saura lui rendre confiance en elle et non plus abuser de sa crédulité.

     

    Le second … Honnête et droit, vous tenterez de lui apprendre à voler, vous l’aiderez à ne plus craindre la pluie et le gel, en un mot, à se passer de vous. Alors, ne vous masquez pas les yeux, vous le savez, lorsque vous y serez parvenu, la belle partira vivre, enfin, pour elle, fuyant l’image du père que vous portez à ses yeux.

     

    J’ai, par trois fois, succombé aux charmes de ces femmes fragiles et, par trois fois, j’eu la fierté d’avoir initié leur retour dans la vie.

    J’ai, au total, sacrifié 20 années de ma vie à cela, alors, aujourd’hui, j’ai compris que « attention, fragile ! » n’est pas un appel à la douceur et au respect mais bien une mise en garde : « faîtes attention, vous êtes fragile ».

    June 06

    Fais ta guerre à la déprime

    Des petites phrases, en passant, qui me servent à reprendre le contrôle quand la déprime cherche à s'installer :
    "C'est en demain que se trouve la raison d'être d'aujourd'hui"
    "Le sourire que tu donne est un chemin qui s'éclaire pour toi"
    "Je décide de mes pensées, je libére la place pour le bonheur"
    Et, tu vois, quand des images ou pensées négatives se posent sur mes heures, je contre-attaque d'images qui me font du bien. La plus puissante est celle de mon fils en train de courir, mais j'en ai d'autres.

    Gros bisous,

    que la vie te soit douce et que les anges déposent le voile de la tendresse sur tes heures.

    June 01

    Très sainte erreur ...

    Erreur, très sainte erreur ...

    C'est vrai, des erreurs nous en avons commises beaucoup et les avons prises pour telles. Mais pourquoi ne pas faire comme tout un chacun et déclarer " On ne m'y reprendra plus ! " ?
    Peut-être parce qu'il est difficile de savoir qui est " on " ! Par peur de se faire " avoir " par " on ", bien des gens se sont retranchés derrière des barrières, si hautes, qu'ils ne voient plus le soleil.
    J'aimes trop l'être humain pour accepter de m'enfermer de peur de me faire piéger. Je refuse de construire ma propre prison !
    En prison, tout est réglementé, clarifié, sans changement. Le chef est, et restera, le chef. Le prisonnier n'a pas à décider ni à choisir. C'est peut-être pour cela que si peu de gens veulent s'y rendre. Mais, dans ce cas, pourquoi fabrique-t-il leur propre prison, sans surprise ? Pourquoi se cherche-t-il, automatiquement un chef, ou un leader ?
    Accepter les orages pour apprécier, à sa juste valeur un ciel bleue, ce pourrait être notre philosophie.
    May 22

    Un ange ...

    Silence dans la campagne, les brumes se sont, encore, étalées, durant la nuit, et se tirent, avec lenteur, de leurs couches.
    Les oiseaux, paisiblement endormis, n'ont pas encore entamé leur course à l'Amour et tout est sourd.
    Paisible, le corps encore empreint des langueurs du sommeil, je parcours, rapide et volontaire, les champs.
    La rosée se jette, joueuse, sur mes mollets et pénètre les fibres de mon vieux jean's.
    Mon souffle crée des nuages qui vont se marier, dans une sensuelle étreinte, aux brumes, duveteuses et mouvantes.
    Une cigarette aux lèvres, le goût, encore, acre du café noir en bouche, je hume la douceur de ce moment.
    Odeur de terre mouillée, lent frisson des courbes de l'horizon, crissement, soyeux, de l'herbe, sous mes pas, je vais bien.
    Soudain, déchirant le ciel, courbant les arbres sous son indomptable volonté, le soleil, seigneur de guerre, vient lever le camp des anges encore glissant.
    Dans un virevoltement d'aile, ils s'encourent vers le sol et fuient la lumière.
    Là, à mes pieds, l'un d'eux s'écroule.
    Dans un suintement glauque, ses ailes, puis tout son corps s'écrase à mes pieds.
    Son visage imprime un sillon au sol boueux et je ne peux m'empêcher de stopper sur l'instant, ébahi.
    Il lève les yeux, apeuré, vers moi.
    Son silence me brise le cœur.
    Il semble me craindre.
    Je n'ose m'approcher.
    Il se relève péniblement.
    Je fais un pas.
    Le soleil pénètre entre les arbres et jète ses rayons, inquisiteurs, sur le monde.
    J'ai conscience qu'il n'a pas sa place dans la lumière, qu'il va subir le courroux de Râ.
    Je met mon corps en avant, je tente le barrage, mais, déjà, il se recroqueville, se ternit.
    Alors, dans un geste pathétique, je le pose contre moi, j'appuie son corps léger sur le mien, je le serre et l'étreins.
    Dans un mouvement de convulsion, dans un geste de tendresse, il pose, sur mes lèvres, un baiser bouillant.
    Sa voix est légère et douce.
    "Je suis à toi"
    Il me fait un sourire, me regarde tendrement.
    Mes larmes glissent.
    "Aujourd'hui, prend ma place, fait, pour moi, le travail, donne et ne reçois pas"
    J'acquiesce dans un hoquet.
    Il disparaît, dans les méandres des brumes en fuite.

    N'attendez pas qu'un ange meurt, à vos pieds, pour commencer à faire le bien autour de vous, ils vous le rendront bien dans les douceurs de vos rêves.
    A chacun son monde.
    May 21

    Conte de noël ...

    Conte de noël


    La neige étendait son long manteau blanc sur les routes, les trottoirs et les squares. Minuit toquait à la porte de l'humanité, très fière d'avoir maîtrisée le temps. Une main plongée dans la chaleur relative de son pardessus et l'autre ornée de la luciole rouge d'une cigarette, un homme marche, lentement, comme porté par une lointaine valse. Ses pas caressent les flocons éphémères qui, comme soumis au plaisir, craquent et soufflent. L'homme marche paisiblement au milieu des rues illuminées, croisant, parfois, les cris joyeux et les rires d'une maison aux fenêtres closes, aux volets ouverts et aux grands yeux lançant des pinceaux de lumière virevoltante dans une féerie de lucioles hésitantes. Le vent, doux, fait tourner dans une ronde dansante les flocons légers qui, timides, descendent en tournant puis remontent, laborieusement, jusqu'au dessus de sa tête. L'homme frissonne un peu, sans savoir si le froid le tient ou la beauté laiteuse du paysage. Ses pas le conduisent vers le square souvenir de son enfance. Longeant la route, toute son âme s'émerveille à la cristalline œuvre du givre sur les branches nues des arbres. Là, comme perdue d'un lointain passé, la feuille d'un arbre, pose une tache verte sur la blancheur virginale. Étonné, l'homme s'approche de cet improbable présent, lève les yeux sur les cimes des arbres alentour, cherche autour de lui une cause à cette aberration, soudain rêveur, il prend celle-ci dans sa main, comme un oisillon, et l'étudie minutieusement. Elle n'est qu'une feuille de chêne. Une de ces innombrables qui, cette été, se noyaient à leurs sœurs pour offrir fraîcheur et ombre aux passants. Un léger sourire s'installe au coin de ses lèvres. Quelle étrange histoire pourrait conter cette feuille, si elle était doué de la parole ! Mais la feuille reste silencieuse et inerte. Alors, l'homme reprend sa marche en la caressant lentement, comme la joue d'un enfant endormi. Il arrive, bientôt, aux portes du square et y pénètre, tel un fantôme. Les lumières clignotantes de la rue, font ressembler celui-ci à un de ces vieux films en noir et blanc dans les images s'entrecoupent de voiles noirs. Il semble, à l'homme, que le lieu apparaît au rythme de sa progression. Tout n'est que virginité, pureté, grâce. L'homme s'approche, lentement, d'un rocher, s'y assoit, pose délicatement la feuille sur son genou et lève les yeux au ciel. Il vit seul au milieu des siens. Nul n'a jamais cherché à apaiser ses douleurs, ses frayeurs et ses doutes. Alors, ici, en cette veille de noël, il se nourrit de la paix du monde. Un cri joyeux éclate d'une maison proche. Des enfants passent en courant aux portes du square. Il sourit et élève une vibrante prière en remerciement pour cette apaisement. La main caressant toujours la feuille, il demande à Dieu de le noyer dans ce paysage, de faire de lui une part de la féerie. Calmement, il sent le froid pénétrer en lui. Alors, un sourire au lèvre, il s'endort, offrant les dernières bribes de sa chaleur à la feuille perdue. Depuis lors, dans un square oublié, un chêne merveilleux, avec, à sa cime, une feuille toujours verte, pousse sur un rocher et offre un havre à tout ceux qui, hiver comme été, cherchent un peu de paix.
    Dimanche 19 décembre 1999

    Au plein milieu du désert de pierres ...

    Au plein milieu d'un désert de roche, parmi les vents destructeurs, là où rien n'aide à vivre, là où la terre reste nue sans montrer ni beauté, ni laideur, il attendait. Son attente durait depuis si longtemps qu'il en avait oublié sa motivation. Il regardait, alentour, tout ce qui n'était pas là et il puisait en son âme les vérités qui le nourrissaient. Son existence se résumait en une patiente présence, seule trace de vie là où rien ne vivait.
    Au plein milieu d'une foule mouvante, parmi les hommes fourmis, là où tout est voué aux lumières artificiels, aux couleurs de trop, là où la nature fardée semble avoir totalement disparue, elle vivait. Sa vie durait depuis trop longtemps à ses yeux sans motivation. Elle regardait, alentour, tout ce qui n'était plus là et elle saignait les questions de son âme. Son existence se résumait en une nerveuse poursuite d'une trace de vie depuis longtemps disparue.
    Il passait son temps à méditer les pierres, à écouter le vent, qui ne lui parlait jamais. Alors parfois, il s'éloignait de sa tente et marchait vers la ville. Quand les lumières embrasaient l'horizon, tuant la nuit, il marchait plus lentement pour tenter de sentir là où s'éteignait la vie et alors il s'asseyait et regardait les hommes fouler leur terre.
    Elle passait son temps à demander pourquoi elle vivait, aux autres hommes qui ne lui répondaient jamais. Alors parfois, elle s'éloignait de la ville et marchait vers le désert. Quand les lumières n'étaient plus que des braises à l'horizon, semblant s'éteindre, elle marchait plus lentement pour tenter de sentir là où s'éteignait le contrôle de l'humain et alors elle s'asseyait et regarder le désert se préparer à l'avaler.
    Ils se virent tout d'abord, comme deux membres de races lointaines, captivés de croiser leur regard. Il se leva et s'approcha. Elle se leva et parla. Il écouta et ne comprit pas tout d'abord. Elle mentit et lui parla de la ville. Il mentit et dit que de la méditation il recevait toute félicité. Elle l'enjoignit à venir avec elle dans la ville. Il lui demanda de ne pas marcher trop vite. Elle lui montra les lumières et les joies physiques que l'on obtient de la nature fardée. Il regarda et se sentit oppressé sans savoir pourquoi. Elle lui dit bientôt qu'elle souffrait de ne pas savoir pourquoi elle vivait. Il lui dit qu'il souffrait de ne plus sentir son âme. Elle lui parla de sa vie étouffée par trop de fard. Il lui parla du devoir d'être franc avec soi-même. Elle lui promis de l'aider quelque soit son problème. Il lui dit que la lumière le faisait souffrir. Elle lui dit qu'il fallait qu'il se ressaisisse et que les lumières et le fard l'aideraient à se relever. Il accepta d'essayer. Elle s'étonna de le voir s'éteindre. Il senti qu'il mourrait.
    Il reparti vers le désert en enjoignant les mourants de venir avec lui mais ils lui répondirent qu'ils ne mourraient pas, qu'il était le seul à souffrir, qu'il leur faisait mal à leur dire que leur vie les détruisait. Arrivé dans le désert, là où la vie est la plus pure, la plus simple, il entendit les reproches qui venaient de la ville. Maintenant, le vent lui parlait. Il lui disait " Ne m'écoute pas, écoute ton âme ".
    Parfois, de la ville, elle s'éloigne et cri au vent. Elle lui dit " Je ne céderai pas ! Je survivrai jusqu'à ma mort sans jamais écouter autre chose que les vérités des mourants ! "
    Janvier 2000